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Noces, Prix des Lycéens du cinéma 2018 !

03.05.2018 17:10 Il y a : 200 days

Noces, Prix des Lycéens du cinéma 2018 !


Les cinq films que proposait la sélection ont également reçu des Prix originaux créés par les élèves pour mettre en lumière leurs qualités particulières :

Noces, de Stephan Streker, Prix « Coup de poing » du film qui bouscule les consciences:
Les thèmes du mariage forcé et du crime d’honneur évoqués dans Noces provoquent une foule d’émotions contrastées : nous sommes tour à tour surpris, en colère, scandalisés, et en même temps pleins d’empathie pour les protagonistes qui se débattent face à des choix cornéliens. 

Le film de Stephan Streker réussit le pari délicat de ne pas poser de jugement. Il démonte la tragique mécanique qui conduit à leur perte des êtres écartelés entre leurs aspirations personnelles et ce que leur impose la tradition.

On ressort de la projection sur le constat d’existences gâchées, et avec la conscience que des libertés fondamentales que nous croyons acquises ne le sont pas pour tout le monde, même ici et maintenant.

Et Prix des délégués :

Le film de Stephan Streker s’inspire d’un fait divers qui soulève des questions brûlantes d’actualité comme le mariage forcé et le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes. S’il nous interpelle, il évite cependant de tomber dans le manichéisme ou la condamnation facile.

Le travail sur la lumière et les couleurs réchauffe le regard du spectateur, alors que le tragique de la situation le glace.

Les choix stylistiques du réalisateur soutiennent son propos : ses plans au symbolisme assumé disent la solitude et l’enfermement des personnages, pris dans une spirale dont on prévoit l’issue fatale.


Les Chevaliers blancs, de Joachim Lafosse, Prix du film qui pose le plus de questions :

Le film de Joachim Lafosse nous fait suivre une équipe d’humanitaires qui s’est donné pour mission d’extraire des orphelins d’un pays en guerre pour les confier à l’adoption.

On s’attend à éprouver de l’admiration pour ceux qui mettent leur vie en danger dans le but de défendre une noble cause. Très vite, pourtant, les rapports de pouvoir vis-à-vis des populations locales, la toute-puissance de l’argent et les petits arrangements avec la morale ternissent l’image de ces « Chevaliers blancs » qui veulent sauver le monde, mais à quel prix ?

La question est posée : jusqu’où certains sont-ils prêts à faire le mal au nom du bien d’autrui ?


Parasol, de Valéry Rosier, Prix du pouvoir des images :

Valéry Rosier peint autant qu’il filme : ses images composées comme des tableaux, ses plans subtilement décadrés expriment sans mots la solitude des personnages, dont le morne quotidien est en décalage complet avec le décor saturé de couleurs qu’ils traversent.

On reste sous le charme de cette vision très personnelle, qui allie l’esthétique à une profonde tendresse pour cette humanité qui n’aspire qu’à un peu de chaleur humaine sous un coin de ciel bleu.


Préjudice, d’Antoine Cuypers, Prix de l’atmosphère la plus singulière :

Préjudice, c’est une descente dans l’enfer domestique d’une famille réunie autour d’un repas qui vire au règlement de compte. Mis en position de voyeur, nous n’avons pourtant pas les éléments qui nous permettraient de prendre parti pour l’un ou l’autre, présenté comme victime puis bourreau, à moins que ce ne soit les deux à la fois.

Le réalisateur manie la caméra avec audace : il ose les mouvements affirmés, le flou, le ralenti, le cadre inattendu. La bande-son originale renforce encore ce sentiment d’étrangeté, en palpitant à nos oreilles comme un cœur qui s’emballe.

Antoine Cuypers détourne les codes du thriller pour instiller le doute, créer le malaise, faire monter la tension. Et finalement nous laisser complètement lessivés sur le seuil d’une chambre close.


Le Tout Nouveau Testament, de Jaco Van Dormael, Prix de l’imaginaire :

L’idée de donner une suite aux Évangiles permet à Jaco Van Dormael de laisser libre cours à sa fantaisie. Dans une Bruxelles revisitée, son film enchaîne les situations burlesques et les moments de pure poésie, à grand renfort d’effets spéciaux.
Le Tout Nouveau Testament joue à « on disait que... », et sur le ton de la comédie, il nous pose la question du sens de la vie. La réponse qu’il propose est à chercher du côté de l’humanisme, qui met dans la main des hommes les clés de leur bonheur terrestre.

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